Wonder Woman – Lamarin

We Girls Select (WGS) : Pourrais-tu te présenter ?

Alicia : Alors je m’appelle Alicia, j’ai 25 ans et je suis graphiste-illustratrice indépendante basée dans l’Est de la France et je signe sous le nom de Lamarin !

WGS : Pourrais-tu nous expliquer un peu ton parcours ? Quand as-tu décidé de t’orienter vers le graphisme et l’illustration ? En quoi ça consiste ?

Alicia : Disons que j’ai toujours dessiné et aimé le design de personnages, le monde de l’animation, etc. Mais étant au lycée, j’avais peur de m’orienter là dedans, je ne savais pas trop par où commencer. Donc après mon Bac je suis partie en études d’Anglais, rien à voir donc. C’est pendant ma licence d’anglais que je sentais que quelque chose me manquait. Je me suis remise à dessiner beaucoup et finalement après ma licence je suis partie dans une prépa d’art pour baigner dans l’art en général. J’ai ensuite fait les Beaux-Arts pour apprendre le graphisme mais ça ne s’est pas très bien passé, alors j’ai arrêté au bout de la deuxième année et me suis lancé seule dans l’illustration, en free-lance !

Mon travail consiste principalement pour l’instant en des commandes de clients pour des illustrations pour des projets internet, bannières mais aussi des emotes pour des chaînes de streaming ou du design de personnages.

Peter Parker et Gwen Stacy (Spider Man) – Lamarin

WGS : Tu as dit que tu étais passionnée par le monde de l’animation. Est-ce ta principale source d’inspiration ?

Alicia : Comme beaucoup de ma génération, j’ai grandi avec Disney, pendant la période dite de “renaissance”, autrement dit la période 1989-1999 environ. J’ai été extrêmement inspirée par ces long métrages, le dynamisme de l’animation, le design des personnages, leurs expressions surtout. De fait, je dirais que mes plus grosses inspirations sont Glen Keane ainsi que les frères Bancroft. Sinon, il y a aussi le travail de Mary Blair, sa palette de couleurs, les formes et autres qui m’inspirent beaucoup.

WGS : On peut aussi te voir de plus en plus inspirée par l’univers du gaming, comme cela est venu ?

Alicia : Disons que pour le gaming, je ne suis dedans que depuis peu. J’ai toujours un peu joué aux jeux vidéos mais sans plus. Et puis Overwatch est arrivé. Et évidemment son design très axé films d’animation aux accents de Disney/Pixar m’a tout de suite plu. Je ne jouais pas à la base, je regardais surtout les courts métrages, lisais les quelques comics. C’est ce côté-là qui m’a donné envie d’y jouer et de m’y intéresser.

Sombra (Overwatch) – Lamarin

WGS : Tu nous as dit être free-lance, est-ce ça a été difficile pour toi de te développer, de créer ta propre communauté, d’avoir ton propre style et de te démarquer des autres illustrateurs.trices.

Alicia : En fait ce qui est difficile, je trouve, c’est de faire sa propre promotion, parce que pour s’imposer il faut être avoir confiance dans son travail, dans ce qu’on fait et c’est loin d’être évident. Montrer son travail au public, c’est toujours un peu délicat, ça fait un peu peur, on doute beaucoup, on a tendance à se comparer à d’autres. Ensuite il faut être organisé, publier très souvent sur les réseaux sociaux car le travail passe par là maintenant. C’est très important d’être visible sur Internet quand on est illustrateur.trice, je pense. Cette régularité et la patience qui va avec font que la communauté se construit petit à petit. C’est une partie intégrante du travail de free-lance.

WGS : Est-ce que tu as des “journées types”?

Alicia : C’est difficile car ça change un peu tous les jours [rires]. Mais disons que généralement, le matin j’attaque l’administratif, je réponds aux mails, aux clients, je prospecte, etc. Ensuite je planifie ma semaine/journée selon les ordres d’importance et de deadline et j’attaque le travail des clients, projets personnels. La journée se finit par un tour sur les réseaux sociaux, je mets à jour, je poste un travail personnel si j’ai eu le temps d’en faire. Tout dépend des périodes, du nombres de clients que j’ai. En gros, mes journées ressemblent à ça.

Mike et Elf (Stranger Things) – Lamarin

WGS : Si on comprend bien, tu es partie de zéro. Comment ça s’est passée quand tu as décidé de te lancer ? As-tu démarché de potentiels clients ou as-tu laissé la magie des réseaux sociaux s’opérer ?

Alicia : Un peu des deux en fait ! Pendant les premiers mois de free-lance, vu que je partais vraiment de rien, comme tu l’as dit, j’ai dû me concentrer sur ce que je voulais faire, proposer, m’installer un peu sur les réseaux, comprendre comment tout ça marche. J’ai aussi assisté à plusieurs conventions et salons dans l’année pour être visible et rencontrer d’autres artistes. J’ai aussi parlé dans mon entourage de ce que je faisais parce que le bouche à oreille marche aussi. Et à côté, j’ai fait grandir petit à petit ma communauté en postant le plus possible afin d’être visible. Et puis enfin, je guette tous les jours sur internet, envoie souvent des mails, rentre en contacts avec de potentiels clients et échange avec eux.

Le boulot tombe rarement tout seul, même les illustrateurs qui se sont vus offrir de grosses opportunités dans leur carrière, c’est rarement un coup de chance, ça arrive parce qu’en amont il y a eu un réel travail pour se faire une place, il faut se donner les moyens !

WGS : On entend souvent dire que, dans le domaine de l’illustration, c’est compliqué de se faire une place et que peu de gens y parviennent. Est-ce qu’il y a beaucoup de concurrence dans ton domaine ?

Alicia : Il y a de la concurrence car il y a autant de style de dessin et de créativité que de dessinateur.trice. Donc il faut arriver à se démarquer un peu. Sans compter le fait qu’avec Internet, si on parle un peu anglais, il n’y a pas vraiment de frontières donc vous pouvez être en concurrence avec un autre illustrateur brésilien pour un projet d’une boîte anglaise par exemple, tu vois ce que je veux dire ? C’est un secteur compliqué et qui peut faire peur parce que j’imagine qu’on a souvent en tête l’idée de l’artiste maudit dont le talent n’est pas reconnu. Mais le dessin et l’illustration peuvent être utiles dans plusieurs branches différente: la communication, le graphisme, le web design ou encore dans l’animation où la France est assez réputée et reconnue.

Ce qui est difficile c’est s’informer sur ce domaine. Quand j’étais au lycée, je voulais vivre de l’illustration mais c’était dur de savoir dans quel domaine, ce qu’il est possible de faire, les opportunités, d’avoir de vraies informations sur le sujet.

WGS : Selon toi c’est donc important de se diversifier ? D’être un peu multi-task pour toucher un maximum de personnes ?

Alicia : Multitask, quand on est indépendant je pense que c’est nécessaire, à mon sens. Du moins au début. Parce que je suis illustratrice, je peux faire des projets un peu plus dans le graphisme, pour le web, faire un logo et le jour d’après faire du design de personnages. Et selon les besoins du clients, j’essaye de faire des propositions. Mais il ne faut pas se forcer si on sent qu’on ne peux pas ou ne veux pas se lancer dans un projet de graphisme alors qu’on est illustrateur/trice par exemple. Et bien on ne le fait pas. Être free-lance c’est être libre aussi !

WGS : Comment pourrais-tu qualifier ton travail ? En quoi se démarque-t-il des autres ?

Alicia : Ce qui me démarque des autres je ne sais pas trop… Mais je pense que ce que les gens aiment généralement bien dans mes illustrations, ce sont peut être les couleurs, le côté très Disney qui leur est familier je pense. C’est toujours difficile à dire en fait.
Ron et Hermione (Harry Potter) – Lamarin

WGS : Tu as décidé de t’engager à nos côtés pour Octobre Rose. Trouves-tu cela important aussi de s’engager quand on est artiste ?

Alicia : Je pense qu’on a tous des causes pour lesquelles on se sent plus investie que d’autres et pour lesquelles on veut montrer notre engagement, on veut que les choses avancent. Mais parfois on ne sait pas comment s’y prendre pour apporter notre aide alors c’est vrai que pouvoir utiliser mon travail, ce que j’aime pour sensibiliser les autres, essayer de faire avancer les choses, c’est important pour moi et je suis contente de pouvoir le faire !

WGS : Dernière question, mais pas des moindres : où te vois-tu dans 5 ans ?

Alicia : Hm… Dans 5 ans j’aimerais pouvoir lancer d’ici là une petite boutique en ligne de papeterie avec mes illustrations dessus et pourquoi pas illustrer un livre pour enfant ! Je sais pas trop, on verra, disons que dans 5 ans j’espère toujours faire ce que je fais, et aimer le faire ! [rires]

Usagi (Sailor Moon) – Lamarin

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