Skander de son vrai prénom est un artiste Franco-Tunisien. Très suivi au travers de son compte Instagram et ses différentes expositions, il propose aujourd’hui plusieurs de ses œuvres sur son e-shop. La rédaction a eu la chance de collaborer avec lui pour l’action “Octobre Rose x WGS”. Et pour mieux vous le présenter nous nous sommes entretenu avec lui afin de vous faire découvrir un peu plus l’artiste et son univers.

 

As-tu toujours fait de l’art ?

Skanderous. Non, pas réellement. J’ai fait une école de graphisme en m’orientant principalement vers la pub et la communication et j’ai également fait une école d’attaché de presse. J’ai ensuite travaillé en tant que Chef de projet Web.  L’an dernier j’ai travaillé 1 an en tant que webdesigner freelance. Ayant un peu plus de temps, c’est là que j’ai réellement commencé à créer.

 

Le Zellige est au cœur de la plupart de tes œuvres, comment cela a-t-il commencé ?

Skanderous. J’y baigne depuis tout petit, le zellige fait partie du patrimoine culturel du Maghreb. J’ai commencé à m’identifier à ces motifs comme faisant part de mon patrimoine artistique, c’est quelque chose à laquelle je me rattachais culturellement parlant. C’est une part de mon identité.

art skanderous

J’ai commencé à m’intéresser à l’histoire du monde arabo musulman, à la culture, aux arts. Et c’est en voyageant que j’ai pu voir de mes propres yeux, la diversité et les variantes de ce Zellige.  A chaque voyage j’ai pu voir des choses différentes. J’ai vu des motifs de Zellige en Iran, en Inde, en Malaisie, au Moyen Orient, en Turquie, en Andalousie… Et à chaque fois j’ai vu des motifs somptueux, mais tous différents les uns des autres et surtout différents de ceux du Maghreb que je connaissais. Étant passionné de photo (mon compte Instagram en témoigne), je prenais énormément ces motifs en photos. Et à force, j’en suis tombé amoureux. J’ai donc voulu en avoir chez moi.

En me renseignant pour pouvoir m’en procurer j’ai vu à quel point c’était long à faire, cher et compliqué à faire livrer. Là a été mon déclic. J’avais des compétences en graphisme, pourquoi ne pas dessiner mes propres zelliges ? Je me suis beaucoup entraîné en me basant sur des photos et, petit à petit j’ai appris des techniques de création de Zellige. J’ai donc commencé à apporter ma touche personnelle aux motifs que je reproduisais. J’ai montré mon travail à mon entourage qui a beaucoup aimé. C’est à partir de là que j’ai commencé à poster mes œuvres sur Instagram.

 

On ne retrouve pas que du Zellige dans tes œuvres, on y retrouve un mélange de cultures assez surprenant. D’où est-ce que ça vient ?

pop art orientalSkanderous. Je me suis vite senti limité car, je ne pouvais rien inventer, faire des motifs de Zelliges c’est faire quelque chose qui avait déjà été fait. C’est donc tout naturellement que j’ai commencé par rajouter de la typographie arabe. En plus de me permettre de créer, cela me permettait aussi de mettre en avant mon patrimoine et ma culture. Mon objectif était de remettre au goût du jour les arts islamiques. Etant un jeune maghrébin qui a grandi en France et aussi vécu en Tunisie, on ressent forcément une double culture dans ce que je fais. Ma génération a grandi avec le club Dorothée, des mangas et les minikeums. On va donc beaucoup retrouver cette double culture dans ce que je fais. Je peux avoir des inspirations musicales ou cinématographiques… C’est vraiment l’image de la pop culture d’un jeune rebeu de France. Être un rebeu de France c’est une identité à part entière, c’est un mélange de culture, de langues et de références. Voilà d’où vient ce mélange culturel.

 

As-tu toujours été attiré par l’art ?

Skanderous. J’allais régulièrement dans des musées pour voir des expositions, pour voir de la photographie, de l’art déco, etc… Mais ce n’est pas réellement un truc qui me branchait tant que ça. J’aimais et j’aime toujours les belles choses mais, je ne suis pas un fan d’art comme on pourrait l’entendre.  Dû à mon cursus, je suis beaucoup porté sur le visuel, je peux m’arrêter devant un beau packaging.

L’architecture et l’ornementation sont des choses qui m’intéressent aussi beaucoup, en plus de la photographie. Par exemple, en voyageant en Iran, j’ai pris plus de 2000 photos de ce qui m’entourait. Pour moi ces arts et les différents arts islamique partent d’une base mathématique et deviennent des choses magnifiques, d’intrinsèquement belles. Ces motifs et édifices sont hypnotisants. La signature Skanderous s’inspire donc de tout ça, c’est du pop art entre orient et occident.

 

sweatshirt skanderous

Sur ton e-shop tu proposes actuellement différentes œuvres mais aussi deux sweats aux graphiques originaux. Des nouveautés à venir ?

Skanderous. Je compte continuer de le développer en ajoutant de nouvelles œuvres. Et je suis en pleine réflexion pour lancer une ligne de prêt-à-porter qui mettrait en avant les motifs du zellige

Pour les sweats, j’ai voulu me réapproprier des logos connus en utilisant l’alphabet arabe. Parce que je me suis rendu compte que dans le monde on ne retrouve que des logos avec un alphabet latin et c’est dommage car l’arabe possède un très bel alphabet. D’où l’idée de prendre les logos connus et de les arabiser.

 

Peux-tu partager avec nous un artiste que tu aimes ?

Skanderous.  Il y a un artiste que je suis beaucoup. Sa démarche et son parcours m’inspirent beaucoup. Étant aussi un tunisien de France nos arts se retrouvent un peu. C’est EL-SEED. Il fait ce qu’on peut appeler du Cali graffiti, un mélange de calligraphie arabe et de graffiti. C’est une personne qui m’a fait réaliser que c’était possible de mélanger orient et occident. J’aimerais beaucoup apprendre à maîtriser la calligraphie comme lui, mais je n’ai malheureusement pas assez de temps pour l’instant.

 

Tout part d’Instagram pour toi, tu as des comptes à conseiller à la rédaction et aux lecteurs ?

Skanderous. Le compte « Zelij » et le compte « Elseed ». Je vous invite à découvrir ces comptes.

 

Quelles sont tes inspirations féminines ?

Skanderous. Ma mère et ma grand-mère qui sont des femmes fortes et très courageuses qui m’ont tout appris. Je leur dois tout. Donc si je dois parler de femmes qui m’ont apporté et inspiré, il y a ma mère et ma grand-mère. Je ne trouverais pas mieux à mes yeux.

Myriam

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