Quand la sphère Hollywoodienne met à l’affiche une personnalité Iséroise, Cate Blanchett devient Rose Valland le temps du film Monuments men. L’histoire raconte la plus grande chasse aux œuvres d’arts et autres trésors du XXème siècle et retrace aussi la vie d’un héroïne nationale : Rose Valland. Que se cache-t-il derrière ce personnage ?

L’ambition d’une vie

 Née à l’automne 1898, à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Rose grandit dans un foyer modeste. Prise par la passion du dessin – et des arts plus généralement- c’est à force de travail et d’acharnement qu’elle décrochera la première place au concours des bourses de l’Isère.

  Quelques années après, en 1918, c’est sur les bancs de l’École Normale Supérieure Grenobloise qu’elle décroche son diplôme grâce à son mémoire « La pédagogie de l’enseignement du dessin ». S’ensuivent dix années d’études aux beaux-arts de Lyon, de Paris, puis à l’école du Louvre, à l’université, au Collège de France et enfin, à l’école des Hautes Etudes d’Archéologie Chrétienne et Byzantine.

Une rencontre avec l’art de la résistance

Ayant grandi et vécu durant les deux guerres majeures pour l’Europe et le monde, Rose Vailland développe un esprit résistant, et, telle une justicière de l’ombre, met ses compétences au service de l’armée.

Entrée en tant qu’assistante au musée du Jeu de Paume – siège nazi de la contrebande d’œuvre d’art dès le début des années 40- c’est avec finesse qu’elle va espionner les hauts officiers allemands. En effet, faisant mine de ne pas comprendre un traître mot d’allemand, Rose va consigner dans ses carnets les informations les plus cruciales et ainsi permettre de tracer un suivi minutieux des œuvres. C’est d’abord pour le compte des Américains que commence son double jeu. Puis, considérant que « [C’était] aux Français de les récupérer ! », elle devint capitaine de l’armée française: un rôle aussi important que rare pour une femme de son temps.

Une féministe avant l’heure

Ce qui fait la force de ce personnage historique, c’est son combat, son acharnement et son engagement pour la patrie en dépit du système autoritaire et patriarcal dans lequel Rose Valland évolue. Elle fut toutefois reconnue Chevalier de la Légion d’honneur, et médaillée de la Résistance en 1946, puis de la Liberté en 1948 aux Etats-Unis.

Et fut également décorée Officier de l’Ordre du mérite de la République fédérale d’Allemagne en 1972. Morte à l’âge de 82 ans, c’est à titre posthume que la place « Rose Valland » sera inaugurée en 2003 dans son village natal de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs.

Parce qu’il est important de ne pas oublier les piliers de l’histoire française, il est de notre devoir de réhabiliter, voir d’habiliter la place des femmes qui ont fait, qui font, et qui feront l’histoire… Alors, à quand la prochaine Rose Valland ?

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