Aujourd’hui, la pratique de sports dits « masculins » par les filles se démocratise de plus en plus. Par sport masculins, on entend souvent des sports tels que la boxe, le foot, le rugby ou les sports mécaniques. Cela n’a pas toujours été une évidence: la place des femmes dans ces sports n’a pas toujours existée, surtout dans le milieu professionnel.

Comment les femmes se sont fait un place dans le sport?

Tout le monde connait la Ligue 1 ? C’est le premier échelon national du championnat de France de football masculin. Ce championnat a été créé en 1932 et recense 20 clubs en compétitions. L’équivalent pour le football féminin existe, bien que largement moins médiatisé, on l’appelle la « D1 », « Division 1 » ou encore le championnat de France féminin de football. Ce championnat a quant à lui été créé en 1974 et compte 12 équipes.

Dans les années 70, on comptait 1 700 filles licenciées contre près de 700 000 garçons. Ces chiffres ont bien sûr évolué: en 2016, le nombre de licenciées féminines a atteint 100 000 pour un nombre de licencié(e)s total avoisinant les 2 000 000. Il y a toujours un écart significatif mais on peut voir que ce sport attire de plus en plus de filles et femmes à travers la France. Chose étonnante en France: le football est considéré comme un sport très masculin alors qu’aux USA, il est davantage pratiqué par les jeunes filles.

Des activités reservées à la testostérone ?

Si l’accès à ce sport pour les filles a été si long et compliqué, c’est dû à plusieurs raisons. Tout d’abord, les clubs n’étaient pas tous prêts à accueillir un public féminin. De plus, la pression sociale a fait que certains parents n’acceptaient pas de voir leurs filles jouer au football. Les filles jouant au football étaient toutes perçues comme des « garçons manqués ». Or une étude montre que les filles pratiquant le football ne se revendiquent pas toutes comme telles.

Sur un panel de filles pratiquant des sports dits masculins, on recense :

Une adhésion totale et revendiquée qui concerne la majorité des sportives (14 footballeuses et 8 boxeuses) : « j’étais un vrai garçon manqué » ;

Une adhésion plus partielle et nuancée nettement plus minoritaire : « j’étais un garçon manqué à une époque, dans certaines situations »(1 footballeuse et 3 boxeuses)

Une adhésion partielle et réfutée : « je n’étais pas un garçon manqué mais… (j’étais toujours avec mes copains, je jouais beaucoup au football…) » présente dans les mêmes proportions que la précédente.

Extraits de l’article de Christine Menesson: “Être une femme dans un sport « masculin »”, Sociétés contemporaines, n°55, 2004

Si certaines se sentaient obligées de se dire « garçon manqué » c’est surtout pour coller aux codes sociaux du football (agressivité, attitude, démarche, etc.). En effet, les femmes ont toujours eu besoin de faire deux fois plus d’efforts que les hommes pour être reconnues dans des sports tels que le football. Il a fallu montrer qu’elles étaient capables techniquement, physiquement mais aussi psychologiquement.

Les carrrières proessionnelles de femmes dans ce type de sports restent, encore aujourd’hui, très peu courantes. On recense plus de places et d’infrastructures pour les garçons en centres de formation que pour les filles. De plus, une fois professionnelles, les femmes se heurtent à un écart flagrant entre leur salaire et ceux de leurs collègues masculins.

Sensibilisation du public au sport féminin

La FFF (Fédération française de football) a mis en place différentes campagnes afin de sensibiliser au foot féminin telle que « la semaine du foot » ou encore l’opération « toutes o’foot ». La FIFA et même l’ONU organisent différentes campagnes, vidéos et ateliers afin de démarginaliser et encourager la pratique du football par les filles.

Aujourd’hui, les noms de certaines femmes dans ce sport sont connus par tout amateur de football. À l’échelle internationale, des femmes comme Carli Lloyd, Alex Morgan ou Hope Solo sont reconnues. A l’échelle européenne et nationale, nous pouvons citer les talentueuses Louisa Necib ou encore Amandine Henry.

En espérant que cette démocratisation se généralise à tous les sports dits « masculins » et que les femmes aient le choix de pratiquer le sport qu’elles aiment et d’en faire un carrière, au même titre que les hommes.

Myriam

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