Film biographique réalisé par Sherry Hormann, sorti en 2009. Le film est basé sur l’autobiographie éponyme de Waris Dirie, ancien mannequin et actrice. Elle a été, durant plusieurs années, ambassadrice de l’ONU, chargée des questions de mutilations sexuelles.

Des millions de femmes dans le monde ont été victimes d’excision ou génialement mutilées. Ces pratiques, très ancrées dans les traditions, ont des conséquences dévastatrices sur la vie des femmes et des filles qui en ont été victimes. Il est donc nécessaire d’en parler pour nous.

Qu’est-ce que c’est ?

Généralement, on parle d’excision en tant qu’ablation chirurgicale lorsque le but de l’intervention est d’extraire un tissu biologique malade pour n’en laisser que la partie saine. Cependant le terme « excision » est plus communément employé pour désigner l’ablation du prépuce clitoridien voire du clitoris externe en entier.
L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a, dans un premier temps, utilisé l’expression « circoncision féminine » par similitude à la circoncision masculine pour qualifier ces pratiques. Puis a, par la suite, changé sa terminologie en employant le terme « mutilations sexuelles féminines ». Les raisons de ce changement sont défendues par le fait que le clitoris contrairement au prépuce pour l’homme n’est pas un organe à part entière. On parle donc de mutilation pour designer la détérioration ou l’ablation d’une partie externe du corps encore saine, ce qui souligne encore plus la gravité de cet acte. En effet celui-ci a diverses conséquences sur la santé des femmes touchées par cette pratique.

Les mutilations sexuelles féminines se classent en différentes catégories :

Type 1– la clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (ndlr. petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (ndlr. repli de peau qui entoure le clitoris).

Type 2 – l’excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres (replis internes de la vulve), avec ou sans excision des grandes lèvres (replis cutanés externes de la vulve).

Type 3 – l’infibulation : rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du clitoris (clitoridectomie).

Ou est-elle pratiquée ?

La pratique des MSF se rencontre dans de nombreuses parties du monde. Elle sont beaucoup plus courantes sur le continent africain, hors Maghreb, dans les pays d’Afrique subsaharienne ou dans le Proche-Orient (Soudan, Egypte…) mais également dans certaines communautés en Asie ( Inde, Pakistan…), dans le Moyen-Orient (Irak) et en Amérique du Sud (Colombie, Pérou).

Dans les pays occidentaux, ces pratiques se retrouvent dans les communautés issues de ces pays. Selon un rapport de l’UNICEF (2016), la proportion de femmes excisées dans le monde représente plus de 200 millions, dont 44 millions sont des filles de moins de 15 ans.

Quelles sont les motivations ?

Les pratiques d’excision sont considérées comme des pratiques culturelles voire traditionnelles et non formellement religieuses. Elles font office de rite d’initiation visant à reconnaitre la petite fille dans sa société. Cette mutilation est motivée par plusieurs facteurs comme :
– La préservation de la virginité jusqu’au mariage.
– Des raisons hygiéniques et esthétiques : le clitoris et les organes génitaux féminin sont généralement considérés comme étant impurs, une imperfection de la création divine qu’il faut ôter pour embellir le corps de la femme.
– L’amélioration du plaisir sexuel masculin (par le rétrécissement de l’orifice vaginal).
– L’interdiction de l’accès à l’orgasme des femmes.
– Il existe également certaines croyances selon lesquelles l’excision éloignerait les mauvais esprits.

Pourquoi est-il important de s’y opposer ?

L’excision est une pratique très risquée, les complications immédiates sont des douleurs violente, des hémorragies, des infections comme le tétanos voire des décès. À long terme, les conséquences sont des problèmes vaginaux (infections, ulcération), urinaires (miction douloureuse) ou menstruels (écoulement des règles difficiles). Il y a également un risque accru de complication pour la mère lors de l’accouchement (césarienne, épisiotomies) mais aussi pendant l’accouchement (fortes hémorragies, hospitalisations prolongées après la naissance) et également pour l’enfant (décès, réanimation à la naissance).

Au-delà des conséquences physiques, les conséquences psychologiques sont également très lourdes : dépression, anxiété, stress post-traumatique, faible estime de soi, honte, colère, angoisse de l’accouchement et des rapports sexuels…
Plusieurs ouvrages témoignent de ces horreurs, notamment Ma chair, un livre autobiographique écrit par l’ex- égérie d’Yves Saint Laurent, Katoucha Niane.

En France, les MSF sont considérées comme étant des crimes et sont donc passibles de fortes sanctions. Cette mesure est d’autant plus normale lorsqu’on connait les risques engendrés par ces actes obscènes. Il est tres important pour nous, femmes, de se soutenir et de s’opposer face à de telles atrocités et de lutter pour les droits des femmes. Une campagne d’appel au don a été lancée par Danielle Merian afin de recolter des fonds pour l’association SOS Africaines en danger, une association qui soutien l’abolition de l’excision en Afrique.

Pour les soutenir c’est ici !

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