Vous avez déjà acheté ou porté de la contrefaçon ? Nous n’allons pas vous blâmer ni même vous pointer du doigt, loin de la, car vous êtes à la pointe de la mode. Qui l’aurait cru ? La contrefaçon entre dans la tendance, sans n’avoir jamais annoncé son arrivée.

Fausses marques, le luxe des petits budgets

La contrefaçon a toujours été le fléau des marques de luxe. Dans un pays comme la France, où la mode et le luxe font la réputation du pays, elle est évidemment proscrite à tous niveau : reproduction ou imitation sont interdites à la vente et sévèrement punies par les autorités des douanes.

La contrefaçon existe depuis des centaines d’années, mais la mondialisation la facilite et en a créée un véritable business. Les pays émergents profitent de cette opportunité pour s’intégrer dans de nombreux marchés en proposant des produits similaires à ceux que l’on connaît déjà, mais à moindre coût. Tous les domaines l’industrie sont touchés, notamment le textile et l’éléctronique. D’après les douanes, les contrefaçons sont passées d’un équivalent de 5,5$ milliards, en 1982 à plus de 500$ milliards, en 2005, et n’ont, depuis, jamais cessé d’augmenter.

Les marques de luxes sont évidemment les premières ciblées car elles restent innacessibles pour les foyers modestes. Et c’est bien connu, l’innacessible attire, n’est-ce pas ? Alors qui n’aurait pas sauté sur l’occasion pour en faire du profit ?

Comment la contrefaçon est devenue tendance

Les marques se sont largement inspirées du style jusqu’ici “has-been” et du street style autrefois réservés au foyers modestes. Le luxe s’en inspire sans rougir et en fait des produits chers et “in”. C’est ce qu’on a d’ailleurs pu observé sur le défilé Lacoste lors de la Fashion Week.

Ce n’était apparement pas leur dernier mot. En effet, on a pu voir apparaitre, un peu partout sur les réseaux sociaux, des vêtements avec des “erreurs” dans les nom des marques. C’est dans les contrefaçons que les marques puisent cette inspiration, en coupant l’herbe sous le pied de leurs détracteurs. Et évidemment, lorsqu’une commence, toutes se lancent. C’est à se demander s’il ne sont pas à court d’idées.

Féline, Homiès, ces noms vous rappellent peut-être quelque chose ? Ce n’est autre que les marques Céline, Hermès. Ce détournement est le fruit de l’esprit vif de Brian Lichtenberg. Le designer s’amuse à créer des contrefaçons en ne changeant que quelques lettres du nom. Malgré de nombreuses attaques de la part des marques, Lichtenberg joue avec la loi et continue de s’inspirer fortement des noms, des typographies et des chartes graphiques des marques pour les détourner à sa façon. Il relève son pari de leur faire de la concurrence puisque, très vite, les plus grandes fashonistas misent sur l’ironie de ses collections et mélangent pièces luxueuses avec ses vêtements, ornant fièrement des contrefaçons.

Si certaines marques en ont les cheveux qui se dressent sur la tête, d’autres s’en amusent. Celine a même racheté certains de ces foulards sur lesquels était griffé “Féline”.

Mise en abyme: les marques se ré-approprient la contrefaçon

D’autres marques, en revanche, ont décidé de ne pas se laisser marcher dessus, que ce soit par le marché étranger comme par Lichtenberg. Malgré le fait que ce dernier a déjà parodié Gucci en “Bucci”, la marque italienne décide de s’approprier cette faute de goût et de s’amuser des fautes tout court, en présentant sur les podiums des pulls sur lesquels est écrit en gros “Guccy“.

Très récemment, Diesel est allé encore plus loin en lançant une collection capsule griffée Deisel. Et la marque a décidé de frapper très fort en s’installant à China Town mais pas sous son vrai visage. Au contraire, elle est totalement fondue dans le décor, dans un petit stand de vêtements ouvert sur la rue, rempli de t-shirts de prétendue contrefaçon, présentés en vrac dans des cartons. Vendus au prix du faux et griffés Deisel, les passants sont persuadés qu’ils ont affaire à un revendeur de contrefaçon alors que chaque pièce est fabriquée par la marque elle-même. Beaucoup de passant ont acheté des pièces originales sans le savoir, jusqu’à ce que la marque dévoile la supercherie qui n’en est pas une finalement, sachant que cette collection deviendra sûrement collector dans quelques temps. Gros coup de pub pour la marque qui a sûrement dû perdre beaucoup pour cela mais ce n’est rien face au business parrallèle de la contrefaçon.

 

Alors qui aura le dernier mot ? On ne sait pas trop. Ce qu’on aime en revanche, c’est de voir la mode prendre la chose avec humour. Pour ce qui est de choisir entre contrefaçon et griffe, nous ne sommes pas la fashion police, et puis, il semblerait que ça soit tendance alors, achetons Adidash.

Yona H.

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