Nous fêtons le 40e anniversaire du Festival International de Films de Femmes de Créteil (FIFF). L’événement aura lieu très prochainement, du 9 au 18 mars 2018. Ce sera l’occasion de mettre à l’honneur les femmes et leur travail.

 

Une histoire de longue date

Que ce soit dans les livres, à l’écran ou en peinture, nous ne pouvons nier que, dans nos sociétés actuelles, l’image de la femme est fortement façonnée par le regard de l’homme. Malgré une progression certaine vers un équilibre entre les deux genres, cette réalité reste d’actualité.

En 1975, parler du problème du sexisme était difficile. Rappelez-vous de l’interview de l’actrice britannique Helen Mirren qualifiée d’ « actrice sérieuse » par Michael Parkinson, mettant en avant sa condition de femme comme obstacle à sa carrière. Aujourd’hui, le féminisme n’est plus un mot tabou et de nombreuses personnalités et organismes le revendiquent fièrement.

Le Festival International de Films de Femmes de Créteil tient à ce que l’année 2018 soit une fête où seront célébrées toutes les femmes cinéastes, actrices, scénaristes, productrices, chef-monteuses, compositrices françaises et internationales.

« Le Festival International de Films de Femmes de Créteil ne croit pas qu’il existe un cinéma des femmes, car chaque œuvre de chaque réalisatrice est unique et singulière mais il croit à l’inégalité des chances qui discrimine les réalisatrices par rapport aux réalisateurs, en rendant les premières invisibles. Nous sommes enfin persuadées que notre lutte pour l’égalité des chances dans le domaine du cinéma est solidaire d’un ensemble de luttes engagées par le mouvement des femmes, depuis plusieurs décennies contre toutes les discriminations sexistes. C’est pourquoi nos prises de position dans ce domaine ont été toujours aussi claires que rapides et elles le sont d’autant plus lorsqu’il s’agit de la violence faite aux femmes dans le milieu du cinéma. »

Jackie BUET, Directrice, Ghaïss JASSER, Présidente

C’est ainsi que, depuis sa date de création en 1979, le Festival International de Films de Femmes défend le cinéma des réalisatrices du monde entier. Luttant contre toutes formes de discrimination, de race, de sexe, de culture, de classe sociale, il endosse fièrement son double héritage envers le féminisme et l’action culturelle. Il place ainsi l’interrogation sur l’image et les modes de représentations au centre de ses réflexions.

Un Festival engagé

Dans l’intention d’insuffler un changement positif de l’image de la femme et de ses modes de représentations dans la société, le festival s’engage triplement.

Son intention première est de défendre le cinéma des femmes du monde entier. Le cinéma étant un milieu assez fermé (fondé sur des réseaux), il n’échappe pas aux discriminations sociales.

A travers les âges, les femmes ont toujours fait face à plus de difficultés pour faire valoir leurs droits, leurs aspirations à l’égalité, y compris financière, pour l’acquisition d’une reconnaissance sociale, pour l’établissement de leur légitimité artistique, de leur expression et de l’éducation à la confiance en soi. En prenant l’initiative de favoriser un cinéma réalisé par des femmes, le Festival fait le choix de lutter contre les censures et les autocensures, et d’ouvrir une porte aux professionnelles du cinéma sur les circuits de distribution, de diffusion et de financement. Son ouverture sur le monde permet de mettre au jour les évolutions de la place des femmes dans les métiers du cinéma.

De cette manière, le Festival s’engage à rester attentif à la représentation des femmes. Le cinéma étant un vecteur d’information populaire, il peut construire, perpétuer ou bien rompre des stéréotypes. Le Festival accorde une attention particulière aux modes de représentation et salue le travail de ceux et celles qui ont contribué à révolutionner notre regard sur les femmes et leur image.

Le Festival joue un rôle de mémoire. Par le biais de rétrospectives, il revient sur les pionnières du cinéma qui n’ont pas toujours bénéficié d’une mise en lumière à la hauteur de leur talent. Par ailleurs, le festival constitue un fond de documentation et d’archives sur ce cinéma : son propre Centre de Ressources IRIS classe et informatise les archives de la manifestation. En partenariat avec l’Ina*, il met à disposition les 400 Leçons de Cinéma désormais consultables à l’INAthèque** de la BnF***. Ces leçons de cinéma livrent les conceptions cinématographiques sur lesquelles s’appuient les cinéastes pour réaliser leurs films.

Le déroulement 

Le festival dure 10 jours. Au programme, un voyage à travers des visions du monde, des nationalités et des époques différentes (le Festival programmant autant de films de répertoire que des exclusivités). Pour cette 40e édition, la compétition sera composée de 8 fictions, 8 documentaires et 16 courts-métrages, dotés de nombreux prix.

Bon nombre de réalisatrices seront présentes pour accompagner cette riche programmation, dont les 5 grandes incontournables du cinéma européen : Mai Zetterling (Suède), Margarethe von Trotta (Allemagne), Márta Mészáros (Hongrie), Lorenza Mazzetti (Italie) et d’Agnieszka Holland (Pologne).

Les différents dispositifs accompagnant l’événement, tels que des avants-premières, un  colloqueFemmes et cinémas en mouvement : sous le regard de l’Histoire”, des expositions photographiques, une table rondeLa critique cinématographique, son rapport aux études de genre et aux études féministes, des rencontres et des leçons de cinéma, rendront d’autant plus vivante cette illustre édition.

 

Adresse :

Maison des Arts, Place Salvador Allende

94000 CRETEIL – FRANCE

Métro : Ligne 8 Créteil – Préfecture

http://filmsdefemmes.com/fr/

 

Bande-annonce du Festival 

 

 

Mobilisons-nous ! Il faut que ce festival continue d’exister.

Jusqu’au 9 mars achetez vos préventes et soutenez le festival :

https://www.kisskissbankbank.com/celebrons-le-40eme-festival-international-de-films-de-femmes

 

 

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* L’Institut national de l’audiovisuel (Ina) est un établissement public français chargé d’archiver les productions audiovisuelles (oeuvres et documents de la radio et de la télévision française), de produire, d’éditer, de céder des contenus audiovisuels et multimédias à destination de tous les publics, professionnels ou particuliers.

**L’Inathèque de France est le département de l’INA en charge de ce dépôt légal, mis en place en 1995, qui concerne près d’une centaine de chaînes de télévision nationales et de 20 grandes stations de radio. Il met également à disposition à des fins de recherche les bases de données des Archives professionnelles de l’INA pour la période 1940-1995 (radio, presse filmée et télévision), ainsi que des archives écrites et des ouvrages sur les médias audiovisuels.

*** La BnF est la bibliothèque nationale de la République française. Elle a une mission de collecte, d’archivage et d’entretien (conservation, restauration), en particulier de tout ce qui se publie ou s’édite en France, mais aussi des activités de recherche et de diffusion de la connaissance.

Merve Y.

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