“Généreuses”, “développées”, “pulpeuses”, on ne manque pas de qualificatifs pour parler des femmes qui ont une grosse poitrine. Trop souvent délaissées et peu évoquées, les complexes et la sous-représentation de ces femmes sont un réel problème en France. De nombreuses femmes souffrent aujourd’hui de complexes liés à cette poitrine. Elles en souffrent physiquement et psychologiquement : mal de dos, incapacité à faire du sport, regards, remarques, difficulté pour trouver des soutiens-gorges… La vie d’une femme qui possède un bonnet supérieur au D peut s’avérer un vrai calvaire ! Nous avons tenu à rencontrer ces jeunes femmes, toutes très différentes mais qui depuis toujours pensent qu’avoir des gros seins est loin d’être un cadeau. Elles nous ont raconté sans tabou les différentes épreuves auxquelles elles font face au quotidien.


 

Découvrir que son corps ne sera pas comme les autres

Le sujet me touche particulièrement. Depuis longtemps, j’ai voulu parler de cette poitrine qui fait partie de mon corps et avec laquelle je dois tenter de cohabiter. Mes seins ont commencé à se développer à partir du CM2. Je me souviens qu’à cette époque, j’étais la seule petite fille qui avait une poitrine naissante sur la photo de classe. J’ai été rapidement complexée car mes copines n’avaient pas “ça”. J’ai refusé de mettre des soutiens-gorges jusqu’en 5e alors que je faisais déjà un petit bonnet A/B. Tout est allé très vite, à la fin du collège, je faisais déjà un bonnet C, j’étais bien plus développée que l’ensemble des filles de mon âge. Au lycée, ça a continué, j’ai dû faire place aux soutien-gorges bonnet D puis j’ai stagné au bonnet E. Mes amies, elles, se sont arrêtées au C pour la plupart, même en commençant la pilule contraceptive. Je suis partie à la recherche de jeunes femmes pour savoir si elles aussi, elles avaient eu du mal à voir leur poitrine se développer rapidement et si cette dernière avait été source de complexes. J’ai d’abord rencontré Juliette M., 17 ans, bonnet F/G, elle aussi complexée par sa poitrine :

J’ai plutôt mal vécu le fait d’avoir une grosse poitrine, surtout au collège. Déjà en 4e, je faisais un bonnet E. Je complexais beaucoup car j’étais la seule à avoir autant de poitrine aussi tôt. J’ai eu une puberté avancée, j’avais déjà de la poitrine en CM1.
Je complexais d’être en avance sur mes copines là-dessus, et je portais des soutiens-gorges qui n’étaient pas adaptés parce que j’étais complexée.

Découvrir quand on est une jeune fille que son corps se transforme plus rapidement que les autres filles n’est pas une chose aisée. Pour Justine, 21 ans, bonnet E, cela a été un réel complexe au collège. Elle avoue avoir dissimulé sa poitrine avec des tee-shirts larges qui remontaient très haut sur le cou pour ne pas qu’on voie sa poitrine. Elle a été victime de nombreuses moqueries, notamment venant de garçons qui lui faisaient remarquer que sa poitrine débordait de ses soutien-gorges qui n’étaient pas adaptés à sa poitrine qui se développait très rapidement.

Être victime de moqueries est malheureusement chose courante. Pour Anya, 21 ans, bonnet G, c’est surtout au sein de sa famille que cela a commencé :

[…] ma mère m’achetait toujours des soutiens-gorges qui cachaient ma poitrine, toute ma famille parlait de mes seins sachant qu’elles étaient toutes plates, à part moi. Tout le monde m’appelait « les melons » c’était insupportable […]

Elle qui côtoie principalement des garçons me dit qu’ils sont parfois curieux et posent des questions auxquelles elle répond brièvement car sa poitrine reste un complexe pour elle. Dans sa vie intime, elle me confie que sa forte poitrine a été un atout car ses partenaires “ont toujours adoré” le fait qu’elle ait une grosse poitrine mais qu’elle ne comprends toujours pas pourquoi. Elle ajoute “pour moi, ça n’a rien d’excitant.

Juliette M. me fait elle remarquer qu’une fois, un garçon lui avait fait remarquer que ses seins ne tenaient pas tous seuls et qu’ils étaient “trop gros“.

Ça mettait vraiment un coup à la confiance en soi, surtout à l’adolescence où on cherche à s’accepter, et c’est quelque chose que je n’ai pas choisi.

Découvrir à cet âge charnière qu’est l’adolescence que nous n’aurons pas un corps “comme les autres” n’est pas une chose évidente. On comprend rapidement qu’on ne sera jamais dans la norme, que les regards, les remarques, les insultes et les moqueries seront monnaie courante. En public ou en privé, peu importe, nos seins seront en permanence un objet de désir ou de dégoût. Ils vont intriguer, faire rire et en pleine construction identitaire, les seins peuvent être une réelle source de mal-être.

Une sexualisation systématique

Il est vrai que la sexualisation des femmes à la grosse poitrine est un réel fléau tant il est systématique. Pour Laura, 21 ans, bonnet F, originaire de la Martinique, avoir une grosse poitrine n’était pas un problème au début. Elle m’explique qu’en Martinique, les standards de beauté sont évidemment différents et que celles qui subissaient le plus de pression venant des garçons étaient les filles à la petite poitrine. Ses complexes se sont décuplés quand elle arrivée en métropole où montrer sa poitrine peut être synonyme de vulgarité. Toutefois, en Martinique, on a commencé à la sexualiser rapidement : “pour eux, j’étais devenue bonne.” Quand Laura est entrée au lycée, ses seins ont été un élément pour la caractériser.

Les garçons perçoivent le fait que j’ai des seins comme un attribut sexuel de choix.
J’ai eu souvent droit à des « tu peux faire des branlettes espagnoles c’est cool ».

Si les mots peuvent porter à rire, ces remarques entendues quotidiennement ébranlent rapidement le peu de confiance en soi qu’une jeune fille en pleine puberté peut avoir. Au collège, Juliette M. a (trop souvent) subi des attouchements venant des garçons, eux aussi en pleine puberté. Elle me raconte qu’elle était souvent sexualisée elle aussi et que certains s’amusaient à la toucher furtivement avant de partir en courant et qu’elle a été assimilée à une “pute” ou qu’elle ferait “une superbe actrice porno” en raison de sa grosse poitrine.

Pour ces jeunes filles qu’on assimilait automatiquement à leur grosse poitrine et rien d’autre, il y avait une solution radicale : se faire oublier en cachant leurs seins. Toutes m’ont avoué qu’elles s’interdisaient de mettre certains habits.

Pour Faucette (pseudonyme), 21 ans, bonnet E, l’impression de devoir cacher ses seins pour éviter les regards insistants ou les remarques est courante.

Il en est de même pour Juliette M. qui hésite encore à porter des tee-shirts moulants sans qu’elle ne se sente déstabilisée par le regard des autres. Décolletés, cols roulés, vêtements transparents… la liste est longue mais pour éviter les remarques, c’est le prix que Juliette M. a décidé de payer. Elle me raconte une anecdotes du lycée :

Un jour d’été caniculaire, je suis venue au lycée avec un débardeur qui était un peu près du corps, mais rien de scandaleux non plus. Le proviseur m’a dit que « on ne met pas de débardeur quand on a un forte poitrine » et j’ai dû rentrer chez moi me changer, je n’avais pas le droit d’entrer. J’ai trouvé cela injuste et vraiment dégueulasse.

Justine me dit que ses “habitudes vestimentaires sont régies par sa poitrine“. Elle évite même certains déplacements comme se pencher pour ne pas exposer sa poitrine. Elle n’est pas très à l’aise avec les décolletés qui laissent apercevoir sa poitrine et a très peur d’être “trop sexy ou vulgaire“. Elle ajoute: “J’ai tendance à penser que certains vêtements comme les chemises cintrées font vite vulgaire sur moi. Même une petite robe juste col en V parfois fait que je me sens gênée.

Pour Jo, 23 ans, bonnet E, elle a toujours rêvé de porter des vêtements amples avec un décolleté mais elle me dit: “avec ma poitrine je me dis que ça fait vulgaire et l’idée des crop-tops ne m’a même effleuré l’esprit, parce que je voyais déjà l’espace entre mon torse et le haut en question et comme je travaille encore sur l’acceptation de ma poitrine j’évite les hauts un peu trop moulants.

Sous-représentées et parfois exclues

L’acceptation de sa poitrine est donc un long parcours du combattant. Comment faire lorsque même l’industrie des sous-vêtements vous fait comprendre que vos seins ne rentrent pas dans les normes ? Trouver un soutien-gorge peut parfois prendre une journée entière. Nolwenn, 21 ans, bonnet F, se trouve elle aussi sous-représentée dans les magasins de lingerie. Trouver un joli ensemble est mission quasi-impossible. Certaines enseignes sont carrément bannies quand elle fait son shopping.

Undiz me convenait jusqu’à ce que je dépasse le 95D, mais maintenant plus du tout.

Elle ajoute que la seule boutique qui lui convient désormais est Etam, et encore, un seul modèle. Les formes ne sont pas adaptées, les armatures lui provoquent des irritations, les élastiques sont trop serrés donc le confort passe en second plan pour elle.

Pour Anya, la représentation des grosses poitrines est surtout problématique parce qu’on ne pense pas aux femmes minces avec une grosse poitrine. Les gros seins sont souvent associés aux femmes grosses. Selon Juliette M., les enseignes comme H&M, Etam ou Undiz proposent des soutiens-gorges trop petits, avec de larges tours ou bien avec peu de profondeur. Elle me dit n’avoir réussi à trouver que deux modèles qui lui convenaient chez Darjeeling.

Pour Faucette, les beaux sous-vêtements sont souvent réservés aux petites poitrines, ce qui a le don de l’énerver. Elle me dit passer une journée pour trouver la bonne taille et la bonne forme de soutien-gorge dans des magasins comme H&M et Etam.

Justine et Nolwenn me racontent qu’en voulant avoir des conseils dans des magasins Etam , elles ont été victimes de remarques blessantes de la part de vendeuses ce qui les a découragées et encore plus complexées.

Stéphie, 21 ans, a décidé de ne plus porter de soutien-gorge. La dernière fois qu’elle en a porté elle faisait un bonnet E et c’était il y a un an. Elle me dit avoir été complexée pendant longtemps et que les remarques permanentes sur sa poitrine n’ont pas aidé. En raison de la sous-représentation qu’elle subissait et le budget qu’elle devait y consacrer, elle a pris cette décision. Même si, encore aujourd’hui, elle subit de nombreuses remarques sur son choix, elle souhaitait par ce geste montrer qu’elle assumait son corps et ses choix. Elle ajoute :

Selon toutes les remarques que j’entends, on ne peut pas ne pas porter de soutien-gorge si on a une grosse poitrine, la “no bra life” est réservée aux bonnets A, B et C. […] Maintenant que je ne porte plus de soutien-gorge ça m’aide à accepter ma poitrine mais ça reste compliqué […]

Le plus frustrant c’est de voir partout autour de soi de magnifiques publicités pour de la lingerie fine, sexy et qui semble tout à fait confortable mais de savoir pertinemment qu’on ne pourra jamais la mettre. Et si seulement la sous-représentation s’arrêtait là… Non seulement ces femmes souffrent d’une exclusion systématique, elles en paient aussi littéralement le prix. Les bons sous-vêtements ont toujours représenté un budget conséquent, le confort a un prix. Imaginez quel coût cela peut avoir pour les femmes à la grosse poitrine. Toutes m’ont confié que trouver un soutien-gorge convenable coûtait entre 40 et 70€. La majorité de ces soutiens-gorges ne sont même pas esthétiques, ils sont d’une simplicité monstrueuse et n’aide pas à accepter sa poitrine. Si pour les petits bonnets, trouver un bon soutien-gorge peut commencer à 10€, ce n’est pas le cas pour les gros bonnets.

J’ai pas forcément les moyens de claquer un SMIC dans trois soutiens-gorges alors qu’ils vont me durer six mois. – Nolwenn.

Juliette M., ajoute “Les marques devraient faire quelque chose. On ne demande pas des trucs supers flashy ou hyper sexy, mais les motifs tapisseries c’est pas vraiment ce qu’une jeune femme a envie de porter.

Justine regrette elle aussi de ne pas pouvoir porter des ensemble sexy car ils sont réservés aux petites poitrines. Laura, elle aussi, se trouve “délaissée par l’industrie de la lingerie” et m’avoue que depuis 2 ans maintenant, elle n’a pas renouvelé sa garde-robe tant cela la démoralisait.

Cette poitrine nuit aussi à la santé de ces femmes. Si le mal de dos est systématique, les seins sont aussi un handicap dans la pratique d’une activité sportive. Premièrement: trouver une brassière de sport adaptée à sa poitrine. Juliette M., sportive depuis toujours, m’avoue ne pas pouvoir courir car c’est trop douloureux. Il en est de même pour Justine, Stéphie et Laura qui abandonnent les sports trop dynamiques. Nolwenn a dû arrêter l’équitation à cause du mal de dos que cela provoquait.

Dernièrement, Rihanna a décidé de lancer sa propre collection de lingerie. Son lancement dans les cosmétiques a fait l’effet d’un boom dans l’industrie. Sa large gamme de teintes de fond de teint a provoqué le réveil de certaines grandes marques qui ont décidé, elles aussi, de proposer plusieurs dizaines de teintes. Avec l’arrivée de Savage X Fenty, Rihanna opte là encore pour une large gamme de lingerie. Sa gamme sera présentée le 11 mai prochain et les quelques photos et vidéos promotionnelles sur son compte Instagram nous poussent à croire que les “plus size” ne seront pas oubliées.

Peut-être que cela aidera certaines marques de lingerie à elles aussi se réveiller. Nolwenn me dit que si Rihanna propose des prix raisonnables, elle se laissera volontiers tenter. Faucette, elle, m’explique : “Je pense que j’irais voir mais sans vraiment m’attendre à l’acheter. Pour que je l’achète, il faudrait vraiment que je vois une nette différence avec les soutiens-gorges de grandes tailles qu’on a l’habitude de voir, par exemple le design et surtout le confort.

On espère donc sincèrement que ce lancement intelligent provoquera une réelle onde de choc et un éveil des consciences au sein des marques traditionnelles de lingerie. Les femmes à la grosse poitrine n’acceptent plus cette sous-représentation et cette exclusion perpétuelle. Elles n’acceptent plus non plus de payer une fortune pour un soutien-gorge qui ne les met pas forcément en valeur. Ces seins sont le symbole de notre féminité, tout doit être mis en œuvre pour qu’on les aime et qu’on les accepte peu importe leur taille et leur forme. Il est temps d’embrasser ses défauts, ces petites vergetures qui nous mènent la vie dure, ces imperfections que parfois nous sommes les seules à déceler. Notre identité ne se limite pas à notre poitrine.

Les femmes sont toutes différentes, différemment formées, et il nous semble essentiel de pouvoir parler à chacune d’entre elles même si la tâche est immense. Il est désormais temps de ne plus les sexualiser en permanence, d’éduquer les jeunes garçons et leur expliquer qu’une grosse poitrine, n’importe quelle poitrine finalement, ne peut pas être touchée ou être l’objet de moqueries. Nos choix se doivent d’être respectés et il n’est plus tolérable en 2018 de souffrir de cette différence. En effet, la chirurgie peut être envisagée pour avoir un bonnet classique et reconstruire la poitrine. Seulement, les conditions de remboursement d’une réduction mammaire sont plutôt strictes et le pas est parfois difficile à sauter. La solution la plus évidente serait donc de reconnaître que les femmes à la forte poitrine ne sont pas une petite minorité. Elles sont nombreuses et elles ne demandent qu’à être représentées.

Manon Prud’homme.

Un très grand merci à Johanna qui a accepté d’illustrer cet article.
Merci aussi à Juliette M., Justine, Laura, Faucette, Stéphie,
Nolwenn, Jo et Anya qui ont accepté de répondre à mes questions.

1 Comment

  1. Bonjour,
    Article intéressant, merci !

    Je suis l’auteur d’un blog sur les dangers des soutien-gorges et les bienfaits des seins libres (www.freetheboobies.fr) et je recommande aux femmes pour des raisons de santé et de bien-être, de se passer autant que possible de ces accessoires qui sont en fait des orthèses, dont la plupart des femmes n’ont pas besoin. Même aussi pour le sport, car on sous-estime aussi la résistance de la poitrine. À ce sujet, une étude française datant de 2003, montrait un gain de confort et de tenue de la poitrine chez des sportives avec des bonnets A, B et C… sans aller plus loin par contre (par mesure de précaution très certainement). Il y a un certain nombre de femmes qui s’en passe au delà sans problèmes… mais évidement on ne peut pas généraliser car chaque personne est différente.

    Il est clair que les fortes poitrines, même si elles plaisent à certains hommes (et c’est loin d’être tous…), représentent un handicap pour les femmes qui en sont dotées. Au delà d’un certain seuil (élastique suivant les avis) on parle médicalement d’hypertrophie mammaire… Le pire dans tout cela, c’est que notre société rend la vie compliquée aux femmes qui en sont dotées, consciemment ou non d’ailleurs, alors qu’elles n’ont même pas choisi cette situation…

    On assiste depuis quelques décennies à l’augmentation moyenne du volume de la poitrine des femmes dans les pays développés. Jusque là ce n’est pas forcément un “problème” en soi, mais voit aussi une forte augmentation des cas d’hypertrophie mammaire, à tel point que cela devient inquiétant.

    La taille des seins est pour beaucoup une affaire de génétique… mais pas que ! L’alimentation, l’environnement, le mode de vie jouent aussi une part importante ainsi que… les perturbateurs endocriniens ! Et c’est là où “ça pique” : on en trouve à foison dans notre vie quotidienne et dans les aliments, sans parler de l’effet cocktail… difficile d’y réchapper même en consommant “bio”…
    Et là encore on n’est pas égaux/égales. Pour certaines femmes, les effets sont importants. Ça va même jusqu’aux gamines de 6-7 ans qui développent une puberté précoce avec les seins qui commencent à pousser… flippant. Et le pire dans tout ça, c’est bien que les pouvoirs publics (gouvernements et UE) traînent des pieds sur le sujet, avec en plus l’influence colossale des lobbies…
    Directement ou indirectement, c’est fou comme la poitrine des femmes est un des reflets des sociétés au fil des âges…

    Bon, comme je n’aime pas terminer sur une note négative, je ne peux que me réjouir de voir que les choses changent quand-même avec des initiatives qui vont dans le bon sens, les marquent réagissent (et d’autres se créent). Et que les mentalités changent aussi.

    Bonne continuation 🙂

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