Depuis le 31 janvier dernier, celles que l’on appelait les “Grid Girls” sont mises de côté par Liberty Media, le nouveau propriétaire de la Formule 1. Ces femmes qui n’avaient que pour ordre d’être belles et de donner le départ des courses sont donc officiellement évincées depuis mars 2018. Liberty Media affirme que cette coutume ne fait pas partie de leurs valeurs. Cette décision va à l’encontre d’une tradition souvent jugée sexiste et pourrait ouvrir le chemin à d’autres sports comme le Basketball ou le Foot US, où l’on trouve toujours des Pom Pom Girls.

Les Grid Girls de la F1

Pourquoi ces “traditions” doivent-elles disparaître ?

Certains se souviennent bien de l’époque des pin-up, lorsqu’elles posaient en une des magazines pour soutenir l’armée américaine qui n’avait pas vraiment le temps pour ce genre de plaisir. Elles étaient devenues un fantasme pour ces hommes honorables qui se battaient pour leur pays. La pin-up n’avait donc que pour fonction de servir le sexe opposé avec leur plastique (l’homosexualité n’était pas représentée à cette époque), ou de montrer l’exemple aux femmes sur comment elles devaient arranger leur coiffure. Tout comme les pom pom girls, les pin-up étaient souvent représentées face à des hommes, fous d’amour pour leurs courbes et leur voix attendrissante. Mais faisaient-elles face à autant de sexisme de la part de ces hommes ? Probablement mais cela n’était pas vraiment mis en avant si on compare avec notre époque.

Le 10 avril dernier, le New York Times a publié un article sur le harcèlement sexuel que subissent les cheerleaders et un témoignage accablant révèle bien le cadre de travail de ces femmes (traduit par la rédaction) : “Nous marchions et j’avais croisé le regard d’un homme… Il me regarda et me dit ‘j’espère que tu te feras violer!’ C’est le genre de choses que l’on nous dit”. Ce sont des paroles d’une très grande violence qu’entendent ces femmes qui ne veulent qu’exercer leur métier en toute tranquillité.

Le problème n’est donc pas tant le métier mais davantage ceux qui pensent pouvoir profiter de la situation. Le métier d’hôtesse peut très bien être agréable et certaines femmes nous diront qu’elles ont adoré vivre cette expérience, à contrario combien ont dû faire face à des réflexions désobligeantes sans pouvoir répondre, se forçant à garder leur sourire professionnel?

Une marge d’évolution encore importante

Il n’est pas simple de dire au revoir à une coutume vieille comme le monde, surtout lorsque celle-ci engendre de l’argent avec les sponsors et les droits télé.  On le sait, les États-Unis sont rarement d’accord avec les autres pays lorsque coutume se mêle au sport. Évoquer la suppression des prestations des Pom Pom Girls lors de la mi-temps d’un match de Basketball serait un blasphème. Un blasphème à la tradition peut-être mais qu’en est-il de leur train de vie et de ce qu’elles subissent quotidiennement? Sourire et encaisser les paroles abusives de spectateurs pendant de longues minutes chaque semaine peut engendrer un burn-out irréparable. Certains vous diront que chaque métier possède son lot d’inconvénients et que l’on se doit, malgré tout, de vivre avec car oui «il y a pire dans la vie». C’est vrai, il y a pire dans la vie mais, chaque combat possède son lot de souffrance et celui des hôtesses ou des pom pom girls aussi. Le chemin est encore long mais l’événement concernant les Grid Girls est encourageant et donne de l’espoir.

Hôtesses lors du Salon de l’auto à Genève

Il faut néanmoins écouter tous les sons de cloches. En supprimant certains postes, on pénalise alors des femmes qui apprécient ce métier. En réalité, il faut tenter de changer les choses de l’autre côté, en informant par exemple les visiteurs qu’ils peuvent garder pour eux leurs réflexions déplacées et prévenir les hôtesses en ouvrant la communication. Seront-elles entendues? Qui sait? Le fait est qu’une ambiance agréable au travail profite à tout le monde. Il est donc temps d’écouter et d’agir.

 

Source : https://www.nytimes.com/2018/04/10/sports/cheerleaders-nfl.html

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