Josué Comoe photo mannequinat
Josue comoe mannequin et artiste

Nous vivons l’arrivée d’une nouvelle ère. Une génération en quête de ses origines, en quête de science et en soif de savoir. À défaut de se voir nulle part, cette génération tente, tant bien que mal, de se créer une place. Quitte à ce que le chemin soit long et titanesque. Cette génération s’élève de plus en plus. Elle apprend à découvrir ses origines et à les élever aussi fièrement qu’un flambeau. Josué Comoe en est la preuve vivante. Son art s’est avant tout développé à travers les réseaux sociaux. En quelques partages, il a touché toute cette génération en quête d’identité. L’art de Josué est un réel flambeau.

Si la rédaction a autant été touchée par son travail, c’est avant tout grâce à la simplicité de ses portraits mais aussi par la puissance qu’ils dégagent.  Nous en sommes donc venues à nous demander pourquoi cette simplicité est-elle si flagrante ? Et où se trouvait-elle ? La puissance de ses oeuvres se trouve partout et aux mêmes endroits que la simplicité. En regardant d’encore plus près, on y découvre de la douleur ainsi que de la sagesse. C’est à ce moment-là qu’on voit toute l’histoire de Josué Comoe ainsi que la nôtre. Peinture Josue Comoe

Mon travail est ce qui me motive à le faire, et le fait que ce soit très thérapeutique. Je m’inspire d’énormément de monde, en musique notamment avec Christian Scott, sinon il y a aussi Leonard De Vinci, ce genre de peintre est comme un daron. Parfois,  je n’essaie pas forcément d’écrire ou d’envoyer un message. Il y a juste un lien avec ce que je suis, ce que j’ai fait et beaucoup de mon âme.

 La quête identitaire de Josué Comoe

Si son art nous éblouit de ses sentiments, son histoire nous ramène à la raison évidente qui l’a poussé à réaliser des portraits. Travailleur acharné et talentueux, il se rend vite compte que l’école a un effet très négatif sur lui. C’est d’ailleurs ce que nous avons pu voir lors de son exposition où certains portraits sombres, dessinés au stylo bic noir pendant qu’il était encore étudiant, étaient présents. Nous avions d’abord aperçu une simple silhouette et en y regardant de plus près, on y découvrait un visage tantôt sans expression tantôt crispé. Il nous explique qu’à cette époque, il était beaucoup plus écorché et prenait les choses de la vie plus personnellement. Josué a quitté l’école au bout de sa troisième année d’ArtDéco et s’est lancé le challenge de représenter les minorités.

En plus d’être le seul banlieusard de son école, il a souvent rencontré le problème suivant: tout le ramenait à sa condition d’homme noir. Un fantasme s’est formé autour de sa personne sans trop savoir le pourquoi du comment. D’autre part, il y avait aussi ce paternalisme indécent de la part de ses professeurs. Josué nous explique que le déclic de son émancipation a été les attentats de 2015. La sur-médiatisation de cet événement a créé un véritable amalgame dans notre société actuelle. Et bien qu’il eut ressenti sa différence et qu’il s’était adapté à cette situation, l’assimilation entre les terroristes et lui-même était insupportable.

Je pense que c’est là que j’ai compris que je devais me créer ma propre place et c’est que j’essaie de partager dans mon travail : me réapproprier ma personne.

La démarcation de sa personne

L’engouement qu’il y a autour de l’art de Josué Comoe est avant tout dû au fait qu’il a osé être lui-même, prendre le risque de porter fièrement ses racines, d’être courageux et honnête, de prendre des risques afin de s’installer dans cette société où une minorité est peu représentée. Chaque jour, Josué prend ce risque de créer ce flambeau de réussite pour notre génération et ce avec peu de moyens afin d’expliquer ce problème persistant, même en 2018.

Peinture Josue Comoe
Rose blessée de Josué Comoe

“Aujourd’hui, bien sûr, j’ai assez de maturité pour les prendre comme ils sont, mais cela reste violent. Après, on peut voir qu’il y a du changement. Un melting-pot culturel se crée mais ce n’est pas assez. Si je vous parle d’un mannequin albinos, vous n’en avez qu’un en tête. Si je vous parle d’une mannequin atteinte de vitiligo, vous savez aussi de qui je parle. Est-ce que grâce à ces mannequins cela va permettre à ces personnes là de marcher normalement dans la rue ? Non. Et je vais aussi en profiter pour représenter cette catégorie de personnes mal représentées et/ou peu représentées. Des minorités, des racisés, etc. La manière dont je dessine est clairement dans cette démarche.”

Dans son travail, il n’est absolument pas question de parler de victimisation. Bien au contraire. Dans son art on y voit une force et un courage inébranlable. Oser aborder ces questions qui restent en suspens en France mais sont de plus en plus exposées. Nos générations apprennent à se découvrir et n’hésitent pas à apporter leurs propre bagage.

Josue Comoe artiste engagé

« Dans mon travail je ne parle pas de victimisation, d’ailleurs ça n’existe pas chez moi, ça. Je parle simplement de faits réels. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de son exposition “La Lutte” – pour laquelle nous tenons à le féliciter – la rédaction a clairement remarqué la différence entre la période du jeune étudiant se cherchant et celle d’un artiste ayant enfin trouvé sa place. L’emplacement des lumières, les couleurs choisies, les positions, les personnes représentées nous montraient le recul et la sagesse que Josué a pu acquérir à travers ses épreuves. Son art est un réel exemple du comportement que nous devons tous adopter. Le portrait qui nous marquera restera celui d’un Josué au sol, torse nu, les cheveux tels une auréole. Une image qui justifie son nom d’artiste : Shams, dont la signification est soleil en arabe. En effet, Josué est une lumière aussi bien dans le milieu artistique qu’intellectuel. Nous y voyons une sédition de son âme à travers chaque engagement qu’il mène dans ses oeuvres et ses démarches professionnelles.

 

Kaoutar K. & Ahlam B.

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