La voix des féministes a su se faire entendre cette année passée. Après s’être tues longtemps, certaines femmes ont su faire face à l’injustice qui les oppresse. Elles ont dénoncé les coupables, protégé les victimes et affronté les détracteurs qui les réduisaient au silence. Cet élan de solidarité, au sein du genre, a fait vibrer le monde entier. De la “Women March”, aux témoignages effrayants de “Balance ton porc”,  la gente féminine a fait preuve de courage. Pourtant ce combat, qui semblait si universel, s’est vu lyncher de l’intérieur, par des femmes. “Cent femmes” plus exactement. Qui se sont exprimées dans une tribune du Monde. Scindant, par la même occasion, les protestations en deux camps opposés. Ces camps, que ces femmes ont décidé de prendre, n’ont fait que transformer un combat des plus importants en une querelle aussi crédible que les présomptions d’innocence de certains des accusés.

Cette tribune avait pour but de critiquer de manière assez violente la réaction des victimes, jugeant certaines accusations trop puritaines. Parmi les plus connues de ces femmes on note, Stéphanie Blake, l’écrivain Catherine Millet, l’animatrice Brigitte Lahaie et Catherine Deneuve. Des dames qui, du fait de leur notoriété, se sont fait porte-parole de cette pensée. Selon elles, les revendications de ces victimes, brimeraient les relations homme-femme et la sexualité. Nous citons: “Nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle.” Comme si les victimes n’étaient, elles, pas capable de le faire.

Ces écrits ont évidemment fait polémique. Les femmes qui ont signé cette tribune sont, à leur tour, pointées du doigt. Par le monde entier cette fois. A quoi s’attendaient-elles ? Leur désir d’expression a été si maladroit. Les mots sont si forts. La “liberté d’importuner” n’est un droit qu’on autorise qu’aux hommes. Ce serait, soi-disant, dans leur nature d’être si vigoureux. Foutaises. La seule raison qui leur permettait d’agir ainsi était le silence honteux des femmes. L’histoire est témoin de cette erreur sexiste : on juge correct une action et/ou un comportement pour simple motif le genre, car celui-ci serait la source de différences psychologiques et sociologiques entre l’Homme et la Femme. Ne prenez plus cette odieuse raison pour excuse. L’homme n’est pas un animal. Et s’il l’est, alors qu’il ne se plaigne pas de se confronter à une femme, qui elle, impose ses choix.

Mais aujourd’hui, c’est aux femmes que je m’adresse. Ne soyez pas si primaires. Ne soyez pas si aveugles. Que vous vous battiez pour la liberté de porter le voile ou le droit, au même titre que l’homme, de s’exhiber seins nus. Que votre combat soit pour votre pudeur ou votre liberté sexuelle. Que vous souhaitiez qu’on cesse de vous toucher sans votre consentement ou bien que cela vous flatte (il semblerait que ce soit le cas vu de cette tribune). Ne divisez pas vos combats. N’en faites pas des opposants. Vos combats sont les mêmes. Leur mot d’ordre est liberté. Votre liberté est subjective et individuelle. Nous ne sommes pas un seul être. Nous devons nous mettre d’accord sur le fait de ne pas être d’accord. Rien n’est plus normal, nos histoires sont différentes. Alors ne vous pointez plus du doigt. Tenez-vous la main et levez le poing.

 

Yona H.

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