Agnès Varda et l’artiste JR

 

Agnes Varda est née en mai 1928, à Ixelles, en Belgique. Elle est photographe, réalisatrice de cinéma et plasticienne. Cette grande dame de l’art, reconnaissable par sa coupe de cheveux bicolore, toute petite mais à la fois si grande par son aura, fait partie des rares artistes de la Nouvelle Vague. La Nouvelle Vague se veut être un mouvement du cinéma français qui a eu lieu à la fin des années 50. Ce mouvement inclut différents réalisateurs faisant leurs premiers pas et leurs premiers travaux dans le cinéma et qui aujourd’hui sont des monstres du 7ème art, ayant pour la plupart écrit une partie de l’histoire cinématographique française. Nous pouvons en effet y trouver François Truffaut, Claude Chabrol ou encore Jean-Luc Godard.

Une réalisatrice proche de la vraie vie

Ses films les plus connus sont : Cléo de 5 à 7, Le Bonheur, Sans toit ni loi (Lion d’Or à la Mostra de Venise, en 1985), Jacquot de Nantes, Les Glaneurs et la glaneuse, Les Plages d’Agnès, auto-biofilmographie poétique et ludique qui a trouvé écho dans le public et obtient le César du Meilleur Documentaire en 2009.

Agnès Varda se veut, dans ses arts, proche de l’humain, essayant de le faire parler sans dire un mot ou à contrario, le faire hurler pour faire taire tous les bruits du monde. N’ayant pas à son actif de succès populaire, Varda travaille sur des films, ses documentaires photos ou autres sans appât du gain ou de la célébrité.

Et les femmes dans tout ça ?

Forte de plusieurs d’années d’expérience et d’un entourage qui n’est fait que d’hommes (ses confrères de la Nouvelle Vague et son mari Jacques Demy), Varda se rend compte que quelque chose cloche… En effet, le manque de femmes dans le métier lui est insupportable. Au cours de plusieurs interviews et plusieurs débats télévisés, elle va taper du poing sur la table pour rendre à la femme la place qui lui est due.

Varda n’hésite pas à exposer des vérités, à la fois taboues mais aussi tant ancrées dans les esprits de l’époque que cela ne soulève aucun débat, c’est d’une normalité absolue. La place des femmes dans le métier se veut toujours sans responsabilité et petite : elles sont scriptes, coiffeuses, maquilleuse ou elles servent les cafés.

« Arrivées dans les équipes de cinéma, il y a des femmes, des jeunes femmes qui se sont dit « Je peux être un très bon ingénieur du son ». Il y a des cadreuses, des directrices de photographie, ou encore des filles à la régie (…). Et on s’aperçoit que « métier d’homme » ça ne veut rien dire. »

L’heure est à l’hommage

En 2017, Agnès revient sur la toile pour une collaboration pleine de fraicheur avec l’artiste JR. À travers un film-documentaire dans lequel ils sillonnent la France à bord d’un camion contenant une machine à photo géante et vont à la rencontre des gens afin de les connaitre, connaitre leur histoire et surtout immortaliser le tout par la photographie, nous retrouvons une Agnès qui fait, en quelque sorte, le point sur sa vie, sa carrière et ses choix. Du haut de ses 88 ans, bien que la nature humaine la rende plus faible sur le plan physique, cette grande dame reste fidèle à elle-même et raconte toutes ses années vécues à JR avec une tendresse mêlant fraternité, maternité le tout sur une note d’art omniprésente.

En novembre 2017, elle reçoit à Los Angeles un Oscar, la plus haute récompense dans le cinéma américain, un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière cinématographique.

« Je  n’ai jamais cherché à travers mes films à faire de grosses audiences. Ce qui me plaît c’est de réfléchir à de nouvelles façons de communiquer, de surprendre, d’émouvoir. Mes films n’ont pas généré d’argent, mais des souvenirs. Ils ne sont pas oubliés.  »

A force de travail, de courage, de volonté et d’envie, Agnès Varda a ouvert une brèche pour les discussions autour de la femme dans le cinéma, mais aussi, à plus grande échelle, une discussion sur la place de la femme au sein de postes à responsabilité et a réussi a faire bouger les lignes et nous pouvons être très fier(è)s de cela.

                                                                                                                                                                                         Ahlam B.

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